6:27 Travaillez non pour la nourriture périssante, mais pour la nourriture subsistante jusqu’à la vie du monde à venir que le Ben Ha-Adam [moi-même] vous donnera, lui, car le Père l’a scellé, Le Dieu.
« Rabbi ‘Hanina dit, ‘Le sceau du Saint, béni soit-Il c’est la vérité.’ Rabbi Chmou’el bar Na’hmani dit, ‘ceux-ci sont les fils d’Adam qui ont accompli toute la Torah du Alef au Tav.’ » – Talmoud Bavli Sanhédrin 55a
6:33 Car le pain de Dieu est celui descendant, sortant des cieux et donnant vie au monde
Cela est une caractéristiques du Juste et du Rédempteur, tel qu’il est dit, « Rabbi Bérékhiah dit dans le nom de Rabbi Yitz’hak : Tel qu’il en a été pour le premier rédempteur ainsi en sera-t-il pour le dernier rédempteur. Tel qu’il est dit concernant le premier rédempteur, ‘Mochéh prit son épouse et ses fils, les mit en selle sur l’âne’ (Exode 4:20), ainsi est-il dit concernant le dernier rédempteur, ‘humble monté sur un âne’ (Zacharie 9:9). Tel le premier rédempteur qui fit tomber la manne, comme il est dit, ‘Voici je vais faire pleuvoir pour vous un pain des cieux’ (Exode 16:4) ainsi le dernier rédempteur fera-t-il tomber de la manne, tel qu’il est dit, ‘Qu’il y ait profusion de blé dans le pays’ (Psaume 72:16). Tel le premier rédempteur fit monter le puit ainsi le dernier rédempteur fera-t-il monter l’eau, tel qu’il est dit, ‘Une source jaillira de la maison de HaChèm et arrosera la vallée de Chittim’ (Joël 4:18) » – Midrach Kohelet Rabbah 1:29
6:35 Leur dit Yéchou, ‘Je suis le pain de vie, celui venant à moi ne sera pas affamé et celui croyant en moi n’aura jamais soif’
Il se compare à la Torah : à la manne du ciel, à l’eau du puit de Miriam, comme il est écrit d’elle,
« Ah vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau! Vous qui n’avez point d’argent, venez, approvisionnez-vous et mangez; gratuitement, sans rétribution, venez, fournissez-vous de vin et de lait. Pourquoi dépensez-vous de l’argent pour un pain qui ne nourrit point, le fruit de vos peines pour un aliment qui ne rassasie pas? Ecoutez, écoutez-moi! Alors vous mangerez ce qui est bon, et votre âme se délectera de mets savoureux. Prêtez-moi l’oreille et venez à moi, écoutez et votre âme vivra, et je ferais avec vous une alliance éternelle, les grâces [‘hasdéï] de David, les durables [ha-né’émanim]. Certes comme témoin sur les peuples je l’ai donné, un dirigeant et commandant pour les peuples. » – Esaïe 55:1-4 [voir vs.27]
Commentaires sur le passage : « ‘Ah vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau!’ L’eau est une métaphore pour la Torah et la sagesse, car de la même manière que le monde ne peut exister sans l’eau, il ne peut exister sans la Torah. De plus, tout comme celui qui a soif se languit de l’eau, l’âme qui est sage se languit de la Torah et de la sagesse. » – Rabbi David Kim’hi (le Radak); Isaiah, Artscroll pg.415
« ‘écoutez et votre âme vivra’ Non seulement vous en tirerez bénéfice dans ce monde, vous en tirerez également bénéfice en vivant éternellement dans le Monde à Venir. » – Ibn Ezra et Abarbanel; Isaiah, Artscroll pg.417
« ‘Certes comme témoin sur les peuples je l’ai donné’ Le Messie rendra témoignage aux nations de la terre qu’aucun autre roi ne règne sur le monde » – Ibn Ezra; Isaiah, Artscroll pg.417
Tout comme il est dit, « Il les prit donc dans le désert pendant quarante années. Le Saint béni soit-Il, dit, ‘Si je les dirige sur le chemin direct, chaque homme sera occupé avec son champ et sa vigne et ils négligeront la Torah. Je vais plutôt les diriger au travers du désert et je les nourrirai avec la manne et je leur donnerai à boire à partir des eaux du puit, et la Torah demeurera en leur corps. » – Midrach Tan’houma Béchala’h Chapitre I.
6:53 Leur parla donc Yéchou, ‘Amen amen, je vous le dis, si vous ne vous êtes point nourris de la chair du Ben Ha-Adam [moi-même] et ne vous êtes point imbibés de son sang, vous n’avez point la vie en vous-même’
« Adam était le sang du monde. Parce qu’elle a causé son effusion, elle a été mise sous l’obligation d’observer la loi de la pureté menstruelle. Adam était l’offrande de la pâte du monde, parce qu’elle causé sa souillure elle a été mise sous l’obligation d’observer la loi de l’offrande de la pâte. » – Avot dé-Rabbi Nathan, Ch. 9 pg.25
N‘est-il pas scandaleux de dire que le sang d’un homme donne vie?! Voici cependant ce qui est dit,
« Et au jour que les fils d’Israël sortirent de l’Egypte tout le peuple fut circoncit, tous deux : jeunes et vieux, tel qu’il est dit, ‘Toute cette population affranchie avait subi la circoncision’ (Josué 5:5). Les Israélites prirent le sang de l’alliance de la circoncision et l’appliquèrent sur le linteau de leur demeures, et lorsque Le Saint, béni soit-Il, passa au-dessus pour frapper de la plaie les Egyptiens, Il vit le sang de l’alliance de la circoncision sur le linteau de leurs demeures ainsi que le sang de l’agneau pascal, Il fut rempli de compassion envers Israël, tel qu’il est dit, ‘Mais je passais auprès de toi, je te vis t’agiter dans tes sangs, et je te dis, ‘Par tes sangs vis!’ Je te dis, ‘Par tes sangs vis! » (Ezéchiel 16:6). ‘Dans ton sang’ n’y est pas écrit mais ‘Dans tes sangs’, avec deux sangs, le sang de l’alliance de la circoncision et le sang de l’agneau pascal; c’est pourquoi il est dit, ‘et je te dis, ‘Par tes sangs vis!’ Je te dis, ‘Par tes sangs vis! » Rabbi Eliézer dit, ‘Pourquoi le texte dit deux fois, ‘Par tes sangs vis!’ Je te dis, ‘Par tes sangs vis!’? Mais Le Saint, béni soit-Il, dit, ‘Par le mérite du sang de l’alliance de la circoncision et le sang de l’agneau pascal vous serez rachetés à l’Égypte et par le sang de l’alliance de la circoncision et le sang de l’agneau pascal vous serez rachetés à la fin du quatrième royaume; c’est pourquoi il est dit, ‘Par tes sangs vis!’ Je te dis, ‘Par tes sangs vis! » » – Pirkéï dé-Rabbi Eliézer 29
6:54 Celui mastiquant ma chair et s’imbibant de mon sang possède la vie de l’éternité, et je le relèverai au dernier jour
Est-ce scandaleux de dire une telle chose? Alors que penser de Rabbi Hillel? Car voici ce qui est rapporté :
« Rabbi Hillel dit, ‘Il n’y a pas de Machia’h pour le peuple juif, puisqu’ils l’ont déjà mangé aux jours de ‘Hézékiah. » – Talmoud Bavli, Sanhédrin 99a
Le Juste. qui est la Torah et son application dans la chair et le sang, est comparable à l’offrande et au sang du raisin, tel qu’il est enseigné :
« L’incirconcision du cœur ne permet pas à Israël de faire la volonté de leur Créateur. Et dans le futur, Le Saint, béni soit-Il, ôtera d’Israël l’incirconcision du cœur et ils n’endurciront plus leur cœur obstiné devant leur Créateur, tel qu’il est dit, ‘j’enlèverai le cœur de pierre de votre sein et je vous donnerai un cœur de chair’ (Ezéchiel 36:26); et il est dit, ‘Vous circoncirez la chair de votre excroissance’ (Genèse 17:11). D’où le savons-nous concernant celle des arbres? Car il est dit, ‘Et lorsque vous viendrez dans le Pays et que vous planterez tout arbre comestible, vous considérerez ses fruits comme leur incirconcision : trois ans ils vous seront incirconcis’ (Lévitique 19:23) Rabbi Zé’éra enseigna, ‘L’arbre qui est mentionné n’est autre que l’arbre de la vigne. S’ils ne coupent pas de l’arbre le fruit des trois premières années, tout le fruit qu’il produira sera des glanes dignes d’être arrachées et pas bonnes; et son vin sera disqualifié pour l’autel; mais s’ils ont coupé de l’arbre le fruit des trois premières années, tout le fruit qu’il produira sera beau à regarder et leur vin sera sélectionné pour être apporté sur l’autel. Ainsi en est-il de notre père Avraham; avant qu’il ne soit circoncis, le fruit qu’il produisit n’était pas bon dans sa production et était disqualifié pour l’autel; mais lorsqu’il fut circoncis, le fruit qu’il produisit était bon dans sa production et son vin fut choisi pour être placé sur l’autel comme le vin pour une libation, tel qu’il est dit, ‘Et du vin pour libation’ (Nombres 15:5)’.
Rabbi dit, ‘Avraham ne tarda nullement concernant tout ce qu’Il lui avait ordonné, tel qu’il est dit, ‘Et à l’âge de huit jours, tout mâle parmi vous sera circoncis’ (Genèse 17:12); et lorsque Yitz’hak naquit, il fut âgé de huit jours, il l’amena pour être circoncis, tel qu’il est dit, ‘Avraham circoncit son fils Yitz’hak à l’âge de huit jours ‘ (Genèse 21:4). Afin que tu puisses apprendre que quiconque amène son fils pour la circoncision est comme s’il était un Kohen Gadol amenant son offrande de festin et son offrande de libation au-dessus de l’autel. C’est pourquoi les Sages dirent, ‘Il incombe à l’homme de faire des festivités et un banquet au jour où il a le mérite de faire circoncire son fils, comme Avraham notre père, qui circoncit son fils, tel qu’il est dit, ‘Avraham circoncit son fils Yitz’hak’ (Genèse 21:4) » » – Pirkéï Dé-Rabbi Eliézer Chapitre 29
Comment la chair et le sang peuvent-t-elles donc donner la vie? Lisons ce qui a été dit,
» ‘Il sera pour vous en observation jusqu’au quatorzième jour de ce mois'(Exode 12:6), pourquoi l’Ecriture demande-t-elle que l’acquisition de l’agneau pascal ait lieu quatre jours avant son abattage? Rabbi Mattia ben ‘Hérèch disait, ‘Voici il est dit, ‘Et je passai près de toi et vis que tu étais arrivée à l’âge des amours’ (Ezechiel 16:8). Cela veut dire que le temps de l’accomplissement du serment que Le Saint, béni soit-Il, a juré à Avraham de délivrer ses fils était arrivé. Mais alors ils n’avaient encore aucun commandement à faire afin de mériter la rédemption, comme il est dit plus loin ‘Tes seins se sont affermis, ta chevelure a poussé, mais tu étais nue et dénudée’ (Ezechiel 16:7), ce qui veut dire, dénudée de tout commandement. C’est pourquoi Le Saint, béni soit-Il, leur donna deux commandements, le commandement de Pessa’h et le commandement de la circoncision, qu’ils devaient faire pour mériter la rédemption. Tel qu’il est dit, ‘Mais je passais auprès de toi, je te vis t’agiter dans tes sangs, et je te dis, ‘Par tes sangs vis!’ (Ezéchiel 16:6), et il est dit encore, ‘Et pour toi, en vertu du sang de ton alliance, je tirerais tes captifs du puit où il n’y a pas d’eau’ (Zacharie 9:11). C’est pour cela que l’Ecriture demande que l’acquisition de l’agneau pascal ait lieu quatre jours avant son abattage. Car l’un ne peut obtenir des récompenses si ce n’est pour une œuvre.' » – Mékhilta dé-Rabbi Ichmaël, Massékhèt dé-Psi’ha 5:1-14
6:56 Celui qui consomme ma chair et s’abreuve de mon sang, demeure en moi et moi en lui.
Est-ce une parole étrangère au judaïsme? Prônant le cannibalisme? Loin de là, comme il est enseigné :
« ‘Voici le peuple se lèvera tel un lionceau et se dressera comme un lion; il ne se couchera pas avant d’avoir dévoré la proie et bu le sang des victimes.’ (Nombres 23:24) Bil’am a été spécifique en décrivant le sang des tombés comme étant quelque chose dont en boirait Israël, c’est-à-dire l’absorber dans leur corps, ainsi confirmant ce que nous avons déjà mentionné que l’étincelle de sainteté qui est emprisonnée au-dedans du soldat tombé peut être maintenant libérée et désirer s’attacher elle-même à la sainteté du soldat juif qui l’a libérée. C’est ainsi qu’elle pourra être absorbée par le soldat juif qui la boit. Je renvoie le lecteur à ce que nous avons déjà écrit sur Nombres 14:9 ‘car ils sont notre pain’. A partir de ce verset nos Sages dans ‘Houllin 35, tirent la conclusion que le sang est un breuvage plutôt qu’une nourriture dans la loi juive » – Ohr Ha’Hayim Nombres 23:24 V.
Nous voyons aussi qu’il est dit des élèves de Rabbi Chimon Bar Yo’haï :
« Après que le feu eut disparut, je vis que la Lampe Sainte, le Saint des Saints, s’en était allé de ce monde, enveloppé, couché sur sa droite, son visage souriant. Rabbi Elé’azar, son fils, se leva, prit ses mains et les embrassa. Quant à moi, je léchai la poussière d’en-dessous ses pieds. Les Compagnons voulaient sangloter mais ne pouvaient émettre un seul son. Puis, leurs pleurs commencèrent. Rabbi El’azar, son fils, se jeta à terre à trois reprises mais ne pouvait ouvrir sa bouche. Finalement il ouvrit disant, ‘Père! Père! Ils étaient trois, ils sont devenus un seul. Maintenant les êtres vivants fuiront, les oiseaux s’envolent, se noyant dans le gouffre de la Grande Mer, et les Compagnons boivent tous du sang. » – Séfèr HaZohar, Idra Zouta 3:296b
6:62 Qu’en serait-il si vous pouviez percevoir le Ben Ha-Adam [moi-même] montant là où il se trouvait auparavant?
« Heureuse est la portion de celui qui entre et émerge, pour connaître les voies du Saint, béni soit-Il. Concernant ceci il est écrit, ‘Tandis que la voie des justes est comme la lumière du matin, dont l’éclat va croissant jusqu’en plein jour’ (Proverbes 4:18); et il est écrit, ‘Et ton peuple ne sera composé que de justes qui possèderont à jamais ce pays’ (Esaïe 60:21) » – Séfèr HaZohar, Ha’azinou 2:179a
6:69 Et nous avons cru et connu que tu es le saint de Dieu.
« ‘Vous serez saints, car Je suis saint, moi, HaChèm votre Dieu’ (Lévitique 19:2)
Cela veut aussi dire : ‘vous serez saints’ dans le futur ce qui veut dire qu’il n’y a pas de fin à ce commandement, puisqu’à chaque porte de sainteté franchie il est encore possible d’entrer par une porte encore plus loin, car il n’y a pas de limite aux degrés de sainteté qui sont atteignables par quiconque souhaite atteindre cette stature. Il est possible d’apprendre cela à partir des degrés atteints par les prophètes, l’un plus élevé que le suivant, avec Mochéh s’élevant au-dessus de tous. Et peut-être il y a-t-il encore un degré supérieur à celui de Mochéh, c’est-à-dire : le degré de notre roi, notre Machia’h, qui sera couronné avec la plus grande des couronnes, tel qu’il est dit dans le verset, ‘Et sur lui reposera l’esprit de HaChèm’ (Esaïe 11:2). Et selon nos Sages, de mémoire bénie, (Zohar II.120a) que le Mochéh du passé sera le Rédempteur Futur.«
« Il en sort qu’il n’y a aucune limite ou frontière au degré de sainteté. C’est pourquoi Il dit, ‘Vous serez’, que ce commandement ne cessera jamais et que ce commandement d’être saint sera toujours applicable. Il a donné une raison à ses paroles ‘car Je suis saint, moi, HaChèm votre Dieu’, car il n’y a point de limite à la sainteté de HaChèm, béni soit-Il. Et HaChèm souhaite que Ses fils bien-aimés soient similaires à leur Créateur dans la sainteté extraordinaire. Ainsi, vous pouvez désormais comprendre dans votre pensée les degrés que vous pouvez atteindre! » – Ohr Ha’Haïm HaKadoch sur Kédochim : Lévitique 19:2 & note d’Artscroll (Ang.) pg.154-155